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Derrière le rideau de la fraternité : Le calvaire des migrants Nigériens et Soudanais en Algérie


Derrière le rideau de la fraternité : Le calvaire des migrants Nigériens et Soudanais en Algérie
Ati Mag

Alors que l'Algérie tente de soigner son image sur la scène continentale, les rapports des organisations internationales et les témoignages de terrain révèlent une réalité glaçante. Loin des caméras, des milliers de migrants africains subissent une politique de refoulement systématique marquée par une violence déshumanisante.
L’enfer du "Point Zéro" : L'abandon des Nigériens dans le désert

Depuis plusieurs mois, une pratique systématique indigne les défenseurs des droits humains : l'expulsion massive de ressortissants nigériens vers la frontière. Ce ne sont pas de simples reconduites, mais de véritables abandons en plein Sahara.

· Le "Point Zéro" : Les bus transportant les migrants s'arrêtent à quelques kilomètres de la frontière nigérienne. Hommes, femmes enceintes et enfants sont forcés de descendre en plein désert, sous une chaleur accablante.

· La marche de la mort : Les expulsés doivent parcourir à pied, sans eau ni nourriture, des dizaines de kilomètres pour atteindre le premier village nigérien (Assamaka). Beaucoup succombent à l'épuisement ou se perdent dans l'immensité des dunes. Selon MENA Rights Group, rien qu'en avril 2025, près de 5 000 personnes ont été jetées sur ces pistes de la mort, dont des centaines de mineurs.

· La spoliation : De nombreux témoignages font état de vols systématiques commis par les forces de sécurité algériennes avant l'expulsion (téléphones, argent, effets personnels), laissant les migrants totalement démunis.
Les passagers soudanais : La violence au bout du voyage

Si les Nigériens subissent l'exil forcé dans le sable, les ressortissants soudanais, fuyant déjà une guerre civile sanglante dans leur propre pays, font face à une violence ciblée lors de leurs déplacements en Algérie. Des vidéos et des témoignages récents montrent des passagers soudanais brutalisés lors de contrôles ou dans les gares routières. Accusés de vouloir rejoindre l'Europe ou simplement d'être "en situation irrégulière", ces réfugiés de guerre sont traités avec une rudesse qui contredit tous les principes du droit d’asile et de l'hospitalité africaine.
Raids, haine et impunité : Les preuves accablantes

Le rapport de MENA Rights Group souligne une dérive inquiétante de la sphère publique algérienne :

· Discours de haine : Une montée alarmante de l'incitation à la haine et du racisme dans certains médias et réseaux sociaux, souvent avec le silence complice des autorités.

· Hypocrisie législative : Bien que l'Algérie possède une loi contre la discrimination (Loi 20-05), celle-ci est détournée pour punir les militants des droits de l'homme qui dénoncent ces exactions, plutôt que de protéger les victimes.

· Chiffres vertigineux : En 2024, plus de 31 000 personnes ont été expulsées vers le Niger dans des conditions inhumaines, prouvant une volonté politique de répression systématique plutôt que de gestion migratoire.
Le double discours algérien : Entre "Africanité" et mépris

Il est frappant de constater le fossé qui sépare la rhétorique diplomatique d'Alger et ses actions. D'un côté, le pays se présente comme un pilier de l'unité africaine. De l'autre :

1. Le mépris de la peau : Un racisme systémique où la couleur de peau devient un motif de harcèlement.

2. L'absence de dignité : Contrairement au Maroc qui a mené de vastes campagnes de régularisation et d'intégration réussies, l'Algérie privilégie la force brute et l'abandon dans le désert.
Conclusion : Une honte pour le continent

On ne peut pas se prétendre leader africain tout en jetant ses frères africains en pâture au désert. Les violences contre les Soudanais et les expulsions sauvages sont des taches indélébiles. La solidarité se vérifie dans la manière dont on traite le plus vulnérable de ses frères lorsqu'il frappe à votre porte. Sur ce terrain, l'Algérie a déjà perdu sa place.

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