Nourdine Bihmane : Le leader qui refuse de sacrifier l’humain sur l’autel de l’IA
Ati Mag
À la tête de Konecta, géant mondial de la Tech, ce
dirigeant franco-marocain porte un message fort : l’intelligence artificielle
ne doit pas remplacer l’homme, mais l’émanciper. Entre la sortie de son livre «
Rester Humain » et ses ambitions pour le Maroc, portrait d’un visionnaire
engagé.
Alors que le débat mondial s’intensifie sur
la place de la technologie dans nos sociétés, un nom s’impose avec force : Nourdine Bihmane. Nommé à la
tête de Konecta, ce leader
franco-marocain ne dirige pas seulement un géant de 2 milliards d’euros de
chiffre d’affaires ; il orchestre une transformation humaine et digitale pour
109 000 collaborateurs à travers 28 pays.
L’excellence
au service de la promotion sociale
Le parcours de Nourdine
Bihmane est une source d’inspiration. Représentant la réussite de la diaspora
marocaine, il incarne ce pont entre les deux rives de la Méditerranée. Diplômé
de l'université Paris VI – UPMC, passé par Princeton et l'INSEAD, il a gravi tous les échelons de l’industrie
technologique mondiale avant de prendre les rênes de Konecta. Pour lui, sa
double culture est un levier de leadership global, fondé sur la résilience et
l'agilité.
«
Katalyst 2028 » : Sauver l'emploi par l'intelligence émotionnelle
À travers son plan
stratégique « Katalyst 2028 », il porte une vision claire : l'IA n'est pas
l'ennemie de l'emploi, mais son alliée. Pour lui, l'IA doit être « augmentée »
par l'expertise humaine.
« L'IA fera économiser du temps aux humains pour
qu'ils se concentrent sur leurs soft skills », affirme-t-il souvent.
Dans un secteur en
pleine mutation, il prône un modèle hybride où la technologie gère
l'automatisation, tandis que l'humain apporte l'empathie et le discernement
moral.
Le
Maroc : Hub technologique et vivier de talents
Très attaché à ses
racines, Nourdine Bihmane place le Royaume au centre de l’échiquier de Konecta.
Avec l'ouverture prochaine d'un nouveau site à Casablanca, il réaffirme sa confiance dans le
potentiel du Maroc. Il ne voit pas seulement le Royaume comme une plateforme de
services, mais comme un laboratoire d’innovation où les compétences digitales
de demain se forment et s'exportent.
ENTRETIEN
AVEC NOUREDINE BIHMANE
Votre identité franco-marocaine influence-t-elle votre
manière de diriger à l'international ?
Nourdine Bihmane : Mon
identité m'a donné une grande agilité. Ayant grandi entre deux cultures, je
suis devenu un « traducteur de mondes ». À l'international, cela m'a permis de
lire plus vite les nuances culturelles. Pour sauver un projet critique en
Espagne, j'ai appris l'espagnol sur le tas ; la technique ne suffit pas sans la
confiance locale.
Concrètement, à quoi ressemblera le métier de chargé
de clientèle au Maroc à l'horizon 2028 ?
Avec notre plan Katalyst, le
métier devient hybride. Fini les scripts figés. Nos agents seront des
collaborateurs "augmentés" utilisant le speech analytics et des outils copilotes. Leur rôle
sera de valider l'information et d'apporter la nuance émotionnelle qu'un
algorithme ne possédera jamais.
Quel message souhaitez-vous transmettre aux décideurs
marocains avec votre ouvrage « Rester Humain » ? La vraie valeur se cache dans le « dernier kilomètre
». L'IA peut automatiser 90% d'un processus, mais les 10% d'exceptions
nécessiteront toujours l'expertise humaine. Je veux alerter les décideurs : ne
supprimez pas les postes de juniors au nom d'économies faciles. Ces tâches sont
le « bac à sable » indispensable pour former les leaders de demain.
L'Intelligence Émotionnelle doit rester notre boussole.


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