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Forum "Arrikaz" à Oulmès : Quand le faste étouffe l’histoire et occulte le bâtisseur de la mémoire

 

Forum "Arrikaz" à Oulmès : Quand le faste étouffe l’histoire et occulte le bâtisseur de la mémoire

Par : Mohamed Youchaar (Journaliste et fils de feu Moulay Ahmed Belarbi Youchaar)

Ati Mag

Alors que l’on attendait de la 17ème édition du forum spirituel de l’association "Abderrahmane Arrikaz" à Tarmilat (Province de Khemisset) qu’elle soit un phare de loyauté et de reconnaissance envers les bâtisseurs de la nation, l’événement a tragiquement glissé vers une mise en scène "folklorique". Dans ce spectacle où les apparences creuses ont pris le pas sur la profondeur historique et scientifique, une figure nationale majeure a été délibérément marginalisée : feu Moulay Ahmed Belarbi Youchaar.

Une histoire assassinée dans son berceau

Il est déplorable de voir quatre jours de festivités s’écouler sans l’évocation de la mémoire de Moulay Ahmed Belarbi, petit-fils du saint soufi Sidi Abderrahmane Arrikaz. Cet homme ne fut pas un simple nom de passage ; il fut le "maître d’œuvre" et le fondateur du premier noyau de l’usine d’eau minérale d’Oulmès dans les années 1930, au cœur des années de braise sous le protectorat français. Ce patriote dévoué a posé les jalons de ce qui constitue aujourd’hui la richesse hydrique et économique de toute une région.

Entre la rigueur mauritanienne et le vide des organisateurs

Le contraste lors de cette rencontre fut saisissant, provoquant la stupéfaction des convives. Tandis que la délégation mauritanienne présentait des études approfondies et académiques sur la vie de l’érudit "Mohamed Mahmoud Ould Tlamid At-Turkezi", la partie marocaine a sombré dans l’insignifiance.

En lieu et place de la science et du rayonnement spirituel, les organisateurs ont offert un étalage de luxe ostentatoire : échanges de cadeaux et de tenues coûteuses. Un spectacle de vanité qui ne sert ni la recherche scientifique ni la mémoire spirituelle, mais consacre l’échec cuisant d’un séminaire censé être un pont civilisationnel, devenu par la force des choses un simple défilé de mode et de libéralités.

"C’est un crime contre l’histoire que d’exclure la mention du grand patriote Moulay Ahmed Belarbi sur la terre de ses ancêtres, dans un forum portant le nom de son propre grand-père, Arrikaz."

Le retrait des "Youchaar" : Un cri contre la marginalisation

Face à cette "absurdité" organisationnelle, au moment où la foule s’affairait à satisfaire ses appétits au mépris des esprits, je n'ai eu d'autre choix que d'enregistrer une position historique en me retirant de la rencontre. Ce retrait n'était pas un simple départ physique, mais l'expression d'un profond dégoût face à des résultats qui ont mis à nu l'incompétence de ceux qui prétendaient représenter le Maroc dans ce forum quasi international.

L’ombre des intérêts fonciers

L’échec ne s'est pas arrêté à l'organisation, il s’est infiltré dans les coulisses où l'on murmurait des transactions foncières et des accords financiers alléchants. Une question s'impose alors : ce forum spirituel a-t-il été détourné de sa vocation de souvenir et de piété pour devenir une plateforme de transactions immobilières sous couvert de soufisme ?

Conclusion nécessaire

Ce qui s'est passé lors de cette 17ème édition nécessite une pause réflexive et une reddition de comptes. L'histoire est impitoyable. Marginaliser des symboles nationaux qui ont tout sacrifié, comme Moulay Ahmed Belarbi, au profit du polissage d'images personnelles ou d'intérêts étroits, est une tentative d'effacer l'identité de la région.

Les organisateurs sauront-ils corriger cette faute grave, ou le "bling-bling" restera-t-il le titre principal des prochaines éditions ?

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