Réforme de la formation médicale au Maroc : Le gouvernement lâche du lest pour fidéliser ses jeunes médecins
Réforme de la formation médicale au Maroc : Le gouvernement lâche du lest pour fidéliser ses jeunes médecins
Ati Mag
RABAT – C’est un véritable tournant pour le corps médical marocain. À l’occasion d’une conférence de presse conjointe tenue ce vendredi 15 mai 2026, le ministre de la Santé et de la Protection Sociale, Amine Tahraoui, et le ministre de l’Enseignement Supérieur, Azzedine Midaoui, ont dévoilé les contours du décret n° 2.26.342. Ce texte, qui actualise un cadre réglementaire poussiéreux datant de 1993, redéfinit profondément le statut des étudiants en médecine, pharmacie et médecine dentaire.
Derrière cette refonte, un choix stratégique clair de l’exécutif : abandonner la logique de contrainte pour basculer vers une politique d’attractivité et de fidélisation volontaire, en phase avec le chantier Royal de généralisation de la protection sociale.
Les 4 piliers d’un statut revalorisé
Pour moderniser le parcours des étudiants et renforcer la présence médicale dans les régions, la réforme s'appuie sur quatre leviers majeurs :
Réduction drastique de l'engagement : Le régime d'engagement obligatoire dans le secteur public, historiquement fixé à 8 ans, sera progressivement ramené à 3 ans seulement.
Spécialisation accélérée : Le concours d’accès à l’internat s'ouvre désormais dès la fin de la 4e année d’études (au lieu de la 5e année auparavant), permettant de former des spécialistes plus rapidement.
Ancrage régional (GST) : Les étudiants (externes, internes, résidents) sont intégrés aux Groupements Sanitaires Territoriaux (GST), offrant un cadre d'exercice moderne et une meilleure adéquation avec les besoins en soins de chaque région.
Oxygène financier pour les résidents : Dès la première année de résidanat, les étudiants bénéficieront de l'indice 509 (premier échelon du premier grade des médecins), garantissant une nette stabilité matérielle et sociale.
Une transition progressive jusqu'en 2032
Afin de ne pas déstabiliser les hôpitaux publics, le gouvernement a opté pour un calendrier de transition maîtrisé concernant la durée d'engagement des futurs spécialistes :
Promotions 2024, 2025 et 2026 : 6 ans d'engagement.
Promotions 2027 et 2028 : 5 ans d'engagement.
Promotions 2029, 2030 et 2031 : 4 ans d'engagement.
Dès 2032 : Entrée en vigueur du régime définitif de 3 ans.
Cap sur les 6 600 spécialistes d'ici 2032
Boosté par une augmentation de 133 % des capacités de formation entre 2020 et 2025, le nouveau modèle porte de grandes ambitions chiffrées. Les projections ministérielles tablent sur l'intégration de 6 641 médecins spécialistes supplémentaires dans le secteur public d’ici 2032.
Mieux encore : dès 2030, le système formera 2 000 lauréats par an, contre à peine 1 300 auparavant. Une bouffée d'air frais pour l'offre de soins nationale et pour un accès équitable aux traitements sur tout le territoire.


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