Ramadan 2026 : Le paradoxe du gâchis face à la ferveur du jeûne
Ramadan 2026 : Le paradoxe du gâchis face à la ferveur du jeûne
Ati Mag
Alors que le ciel a été généreux cette
année avec des précipitations abondantes, un autre fléau menace nos foyers
durant ce mois sacré : l'hyper-consommation. Au Maroc, le constat est amer :
près de la moitié des aliments préparés pour le F'tour finiraient à la
poubelle. Enquête sur un gaspillage qui ne dit pas son nom.
La frénésie de la table
« pleine »
Dès les premières heures
de l’après-midi, les marchés marocains sont le théâtre d'une effervescence
démesurée. Sous l’effet de la faim, l'instinct d'achat prend le dessus sur la
raison. Résultat ? Des tables de F’tour qui croulent sous les variétés de
viennoiseries, de plats et de jus. Pourtant, l’estomac, lui, a ses limites.
Cette accumulation visuelle, souvent destinée à « rassurer » le jeûneur, se
transforme dès la fin de la rupture du jeûne en un fardeau encombrant.
50% de gaspillage : Une
facture salée pour l'éthique
Les chiffres sont
vertigineux : on estime que durant le Ramadan, le volume des déchets ménagers
augmente de manière exponentielle, avec une part prédominante de restes
alimentaires encore consommables.
·
Le pain et les pâtisseries
: Premières victimes de ce gâchis,
achetés en quantités industrielles pour n'être que partiellement consommés.
·
Le coût social : Alors que le pays se mobilise pour la solidarité,
voir la moitié d’un repas finir dans une benne à ordures interroge nos valeurs
de partage.
Vers une consommation «
consciente »
Le vrai défi du Ramadan
2026 est de briser ce cycle de l’excès. Des voix s’élèvent de plus en plus sur
les réseaux sociaux et dans les mosquées pour prôner un retour à l’essentiel.
L’idée n’est pas de se priver, mais de « calibrer ». Acheter au jour le jour, cuisiner des
portions réelles et réinventer les restes du lendemain sont des gestes qui
s’imposent.
Le Ramadan est censé
être un mois de discipline et de purification. Il est temps que nos poubelles
cessent de témoigner de nos excès pour laisser place à une consommation qui
respecte enfin la valeur de la nourriture.

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