Binationaux, fierté nationale et l’art de l’amnésie sélective: Quand le complexe des uns se heurte à la grandeur du Maroc

Binationaux, fierté nationale et l’art de l’amnésie sélective: Quand le
complexe des uns se heurte à la grandeur du Maroc
Bouchra CHAKIR/ Ati Sport
Dans le grand théâtre du football mondial, le débat sur les binationaux
refait surface dès que les résultats dérangent. Aujourd’hui, certains
observateurs, notamment du côté du Sénégal, tentent un raccourci grossier :
minimiser les exploits des Lions de l'Atlas en pointant du doigt le lieu de
naissance de nos joueurs. C’est une tentative désespérée de réécrire la
réalité, dictée par un complexe évident face à un Maroc qui dépasse,
constamment, toutes leurs attentes.
Qu’on se le dise une fois pour toutes : un Marocain élève ses enfants pour
qu’ils soient marocains et qu’ils le restent, même s'ils venaient à naître sur
Jupiter. C’est là toute la force de notre diaspora. Nos enfants nés à
l’étranger grandissent bercés par l’amour viscéral de la patrie. Quand ils
choisissent de porter le maillot rouge et vert, c'est un choix de cœur, souvent
au prix de tensions avec leurs clubs européens. Ils ne se vendent pas. Ils
rentrent chez eux.
L’art de l’amnésie sélective
La différence majeure avec d’autres nations, notamment en Afrique du Nord
ou subsaharienne, réside dans cette transmission. Ailleurs, on voit des joueurs
renier leurs origines ou choisir leur pays d'adoption par défaut – à l'instar
de ce joueur d’origine tunisienne marquant contre la Tunisie sous les couleurs
de la Suède. On voit aussi des vagues de joueurs renoncer à leurs racines pour
devenir des citoyens français à part entière dans le seul but de fuir leur
football local.
Et puisque certains supporters sénégalais aiment scruter l'état civil de
nos Lions, rafraîchissons-leur la mémoire.
Votre capitaine emblématique, Kalidou Koulibaly, celui-là même qui a
soulevé la première Coupe d'Afrique des Nations (CAN) de l’histoire du Sénégal
en 2022, n’est-il pas né à Saint-Dié-des-Vosges en France? N’a-t-il pas porté
le maillot de l’équipe de France des moins de 20 ans avant de rejoindre le
Sénégal en 2015 ? À l’époque, qui est venu vous dire que le leader de votre
équipe était français ou que votre CAN n’était pas totalement sénégalaise ?
Personne. Parce que nous ne mangeons pas de ce pain-là.
Le gardien Édouard Mendy, rempart de votre sacre, est lui aussi né en
France. Tout comme Sébastien Haller, né sur le sol français avant de devenir le
héros de la Côte d’Ivoire lors de la CAN 2023. Le football moderne est fait de
ces trajectoires, et le continent africain en bénéficie largement. Why ce
double standard aujourd'hui ?
Un phénomène mondial, de l’Europe à l’Amérique du Sud
Le retour aux sources des enfants de la diaspora n'est ni une exception
marocaine, ni une anomalie. C'est une norme mondiale.
En Allemagne : Les deux légendes de la "Mannschaft", Lukas
Podolski et Miroslav Klose, champions du monde 2014, sont nés en Pologne.
En Croatie :"Ivan Rakitić", né et formé en Suisse (dont il a porté
le maillot chez les espoirs), a choisi la patrie de ses parents pour l'emmener
jusqu'en finale de la Coupe du Monde 2018.
En Italie :" Thiago Motta", né au Brésil et international avec la
"Seleção" en 2003, a fini par faire le bonheur de la "Squadra
Azzurra", notamment lors de l'Euro 2012.
Certaines nations alignent parfois un onze de départ composé de joueurs
venus d'horizons totalement différents. Pourquoi cela poserait-il problème
uniquement lorsque le Maroc applique cette stratégie avec brio ?
Le Maroc dérange parce qu'il voit grand
La vérité est ailleurs. Vous espériez voir le Maroc s'effondrer après
l'épopée du Qatar. Mais quand vous avez vu nos Lions faire le pressing sur le
grand Brésil, ouvrir le score et forcer la "Seleção" à courir après
le score pour arracher un nul, la mauvaise foi a repris le dessus. On a lu ici
et là que « le Maroc avait égalisé contre le Brésil ». C’est faux : c’est le
Brésil qui a galéré pour égaliser contre le Maroc.
Faute de pouvoir contester notre niveau sur le terrain, vous essayez
aujourd’hui d’ôter à nos joueurs leur marocanité. C'est une peine perdue. Le
Maroc vous gêne parce qu’il avance plus vite, plus haut et plus fort que vos
pronostics.
Alors, continuez à scruter les passeports. De notre côté, nous continuerons
à célébrer la fierté de nos familles à l’étranger et la loyauté de nos joueurs.
Vos avis ? On s'en tape.
Dima Maghreb
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