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Afrique du Sud - Operation Dudula: Le mirage de la "Nation Arc-en-ciel" face au poison de l'afrophobie- Vidéo

Afrique du Sud - Operation Dudula: Le mirage de la "Nation Arc-en-ciel" face au poison de l'afrophobie- Vidéo

Bouchra CHAKIR/ Ati Mag

Alors qu'elle se pose en boussole morale sur la scène internationale, l'Afrique du Sud s'enfonce dans une crise de xénophobie chronique. Entre rhétorique panafricaine et violences de rue, le fossé n'a jamais semblé aussi profond.

L’image est puissante : une diplomatie sud-africaine hyperactive, prompte à donner des leçons de droit international et de lutte contre l’oppression. Pourtant, derrière ce vernis de "gardien des libertés", se cache une réalité bien plus sombre pour les migrants africains installés dans le pays de Nelson Mandela. Depuis plusieurs années, et avec une intensité accrue en ce début d'année 2026, la "Nation Arc-en-ciel" semble avoir oublié la solidarité continentale qui l'a jadis portée vers la liberté.

Le bouc émissaire de la crise sociale

Le mécanisme est tristement classique. Face à un taux de chômage record et des services publics (santé, éducation) à bout de souffle, une partie de la population identifie le migrant noir comme la source de tous ses maux. Ce n'est plus seulement de la xénophobie, c'est ce que les observateurs nomment l' "afrophobie" : une hostilité qui ne cible ni les expatriés occidentaux, ni les touristes, mais spécifiquement les ressortissants du Zimbabwe, du Nigeria ou du Malawi.

Le mouvement "Operation Dudula" (repousser, en zoulou) illustre cette dérive. Ce qui n'était qu'un groupuscule informel est devenu une force capable de mener des raids dans les commerces ou de bloquer l'accès aux écoles pour les enfants étrangers.

L’amnésie historique

Le paradoxe est d’autant plus cruel que l’Afrique du Sud semble frappée d'amnésie. Durant les décennies de lutte contre l’Apartheid, ce sont précisément ces pays voisins — aujourd'hui pointés du doigt — qui ont accueilli les cadres de l’ANC en exil, offrant bases arrières et soutien logistique au péril de leur propre sécurité.

Aujourd’hui, le discours a changé. L’étranger est perçu comme celui qui vient "voler" les fruits d’une démocratie déjà fragile. Ce sentiment d’exceptionnalisme sud-africain crée une barrière psychologique entre le pays et le reste du continent.

Un gouvernement sur le fil du rasoir

Le pouvoir politique, de son côté, navigue à vue. Si le président Cyril Ramaphosa multiplie les appels au calme et condamne officiellement les violences, le discours gouvernemental reste ambigu. En période électorale ou de tensions sociales, certains responsables n’hésitent pas à flirter avec une rhétorique populiste pour détourner l'attention des échecs économiques de l'État.

En laissant pourrir cette situation, l'Afrique du Sud joue un jeu dangereux. Sa crédibilité diplomatique s'effrite à mesure que les vidéos de violences xénophobes circulent sur les réseaux sociaux. Pour redevenir le leader éthique qu'elle prétend être, la nation devra d'abord réconcilier ses idéaux de lutte contre l'exclusion avec le traitement qu'elle réserve à ses propres frères africains. 



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