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Roman le magicien d’Abddarahman ALMOWALAD- Lecture faite par Bouchra CHAKIR


Roman le magicien d’Abddarahman ALMOWALAD
Lecture faite par Bouchra CHAKIR

"Ce Roman qui combine entre ce qui est philosophique, psychologique, social et même scientifique, est un Roman que j'ai eu le plaisir de traduire ou peut-on dire auquel, j'ai pu faire une réécriture en français, Roman d'origine en arabe"


Descartes disait "Il est vain de s'interroger sur l'univers sans constater que l'univers n'est qu'une sensation de l'esprit", mais qui parmi nous, ne s'est pas interrogé un jour ou l’autre sur cet immense univers? Qui n’a pas essayé de comprendre cette sensation d’esprit? Qui ne s'est pas posé la question de l'éternité et qui n'a pas eu ce souhait de rester jeune le plus longtemps possible ? Ces milliers, voir millions d'opérations esthétiques et ces cliniques qui poussent comme des champignons ne sont que la preuve d'une quête éternelle de beauté et de jeunesse…
Certains évitent de penser à la mort, ils vivent comme s'ils étaient eternels, tels des caméléons cachés dans leurs corps refaits, leur vie de luxe ne leur suffit guère, ils cherchent toujours et davantage à gagner, ils pourchassent constamment cette roue de la fortune même au détriment des autres, ces autres qui sont pauvres... et si ces pauvres étaient les plus riches??? Et s'ils échangeaient leurs places… n'est ce pas magique???
La magie, ce monde qui a toujours était parallèle à celui de la religion, deux mondes qui suivent le chemin des dogmes et des convictions, ils ont tous les deux des rituels à respecter et chacun d’eux est un monde profond et merveilleux. Cette relation entre le religieux et le magique a toujours encombré l’esprit des chercheurs et a suscité la curiosité des anthropologues. La magie les fascinait par son exotisme et surtout par ce conflit entre science et religion.
Comme l’a bien expliqué Abdarrahman Almowalad par l’intermédiaire de son personnage du magicien, il est très difficile de trouver une définition concrète à la magie, chacun peut la définir de son point de vue et selon ses convictions, même les empereurs de la sorcellerie et de la magie ne se sont jamais mis d’accord sur une définition précise de ce monde fantastique, fascinant et redoutable. La magie selon ce personnage est une énergie qui se dégage du magicien et change la loi des choses…!
Il y a eu trois célèbres théories invoquant la magie, Taylor et Frazer l'organisaient en une systématicité mentale, puis il y a eu la systématicité sociale et symbolique chez Lévi Strauss et Mauss aussi, une autre linguistique et contextuelle chez Malinowski.
Freud invoquait la pensée magique aussi en s'appuyant sur les théories de Frazer, pour lui, c'est une pensée subjective, résiduelle d'une époque préscientifique.
Abdarrahman ALMOWALAD lui-même invoque Frazer dans son roman par le biais de son personnage Shi, ce qui donne une emprunte psychanalytique à son récit, comme d'ailleurs dans tous les écrits de ce romancier qui ne cesse de fouiller dans tout ce qui est philosophique, psychologique et social.
Pour Abdarrahman ALMOWALAD, la magie n’est pas un but à atteindre mais plutôt une porte à ouvrir sur de multiples questions et paradoxes; la foi, la fidélité, la déloyauté et la perfidie…. la satisfaction, la cupidité et la sobriété… la quête de la pérennité... une quête de la vérité, une véracité formulée et reformulée selon les besoins et les concepts de chacun de nous… Qui détient la vérité et quelle est la véritable vérité, ma vérité ou la tienne? 
L’éternité, l’amour de vivre et cette peur de la mort. Ce besoin eternel de rester jeune le plus longtemps possible, ce besoin et ce souhait qui fait que le nombre de toutes sortes de chirurgie esthétique et plastique augmente de plus en plus, chez les femmes mais aussi chez les hommes. Le personnage d'Ion en est l'exemple, un homme d'affaire riche et accompli mais est ce qu'il est vraiment épanoui? Il est toujours en quête de quelque chose, de quoi avait-il besoin? Quelles sont ses ambitions insatiables???
Ces ambitions qui détruisent la foi et décortiquent le corps de son âme… Une foi qui incarne toujours la connaissance, l’intelligence et la sobriété, tel est le personnage de Shi, cet intellectuel qui a dédié sa vie à son travail et à son maitre, qui s’est contenté de ses méditations et son monde fait de savoir et de piétés… ou encore M. Lincoln qui n’avait rien gagné de ce monde, il s’est enfuit des humains vers l’univers des chevaux, il n’avait rien et pourtant il n’avait pas peur de la mort, peut-être parce qu’il n’avait rien à perdre ou encore parce qu’il était heureux! Il avait goûté à ce bonheur que plusieurs richards n’ont jamais pu sentir. Être heureux est une chose relative, nous pouvons tout avoir mais nous continuons à vouloir acquérir davantage et nous oublions de goûter à la joie de l’instant. Certains peuvent ne rien avoir du point de vue des autres, mais en fait ils ont ce que d’autres n’ont pas, ils ont cette volonté de vivre heureux, parce qu'ils n'ont pas toujours dont ils ont besoin, ils essaient de ne pas gaspiller un moment de bonheur ou rater une occasion pour être heureux…
Il y’en a qui fuient la réalité et ne trouvent le bonheur que dans un monde spirituel ou surréaliste, tel est le cas de Mira, peut être que ses tableaux n’étaient que des révolutions enfouies au plus profond d’elle-même, peut-être parce qu’elle avait horreur d’un monde humain sans pitié et sans scrupules qu’elle trouvait que peindre les portraits et les visages n’étaient pas à son goût, elle voulait s’évader à un monde plus vaste où elle pourrait elle-même dessiner ses traits, un monde où elle sera reine et non pas soumise… Un monde qui l’avait guidé vers Tom, un amour aussi romanesque que son univers de peintures… 

Toutes ces questions relevées par ces personnages qui ne se ressemblent pas mais s'unissent par la force d'une société hétérogène où ils ont besoin de vivre ensemble; ne constituent pas en réalité une quête de la vérité ?! Toutes les vérités ne sont-elles pas le fruit de nos rêves et tous nos rêves ne sont-ils pas des anciennes vérités ou encore des vérités convoitées que nous transformons en rêves, des rêves qui ne se soumettent à aucun cadre ni règle parce qu’ils sont tout simplement une île flottante de notre inconscient.
Abdarrahman ALMOWALAD n'essaie pas d'écrire des romans pour nous amuser seulement mais il nous incite à réfléchir, à regarder autour de nous, il utilise tous les stéréotypes qu'il peut rencontrer pour rendre cette matière écrite assez riche et pertinente mais aussi pour nous révéler ce que nous ressentons parfois tous mais nous n'avons pas l'occasion de le prononcer extérieurement, soit parce que nous avons peur d'une autorité, de la société ou tout simplement de nous même.
En lisant ce roman, chacun de nous peut se retrouver entrain d'affronter son miroir et chacun de nous peut se réconcilier avec son image, se libérer de ses craintes et peut-être même se regarder et regarder la société et même la vie d'une vision différente…

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