
Sahara : « Le veto russe ne nous a pas surpris » — Nasser Bourita dévoile
la stratégie de rupture et la prochaine offensive à l'ONU- Vidéo
Ati Mag
Invité samedi soir sur le plateau de la chaîne 2M, le ministre des
Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à
l’étranger, Nasser Bourita, a levé le voile sur les coulisses du Conseil de
sécurité du 30 octobre. Loin de subir le veto russe, Rabat l'avait anticipé et
a délibérément choisi de ne faire aucune concession sur le fond, ouvrant ainsi
la voie à une refonte totale de l'architecture onusienne et fixant déjà le
prochain cap : le retrait du dossier de la 4ème Commission de l'Assemblée
générale.
Le Maroc n’a pas
été pris de court. Intervenant au lendemain de la publication du communiqué
historique du Cabinet Royal prenant acte de la fin du mandat de la MINURSO,
Nasser Bourita a tenu un langage de franchise stratégique. Face au projet de
résolution porté par Washington, le Royaume s'est trouvé face à un arbitrage
net : adoucir le texte pour complaire à Moscou ou préserver la force politique
de ses acquis.
Conformément aux hautes orientations de Sa Majesté le
Roi Mohammed VI, Rabat a refusé tout compromis au rabais qui aurait vidé le
texte américain de sa portée substantielle.
Quand le blocage devient opportunité : dépasser le
carcan de 1991
Pour Nasser Bourita, cet épisode scelle l'anachronisme
d'un dispositif vieux de 35 ans. Créée en 1991 dans un contexte révolu, la
MINURSO voyait son appellation comme son mandat déconnectés des réalités du
terrain et des équilibres diplomatiques contemporains.
Le chef de la diplomatie marocaine a insisté sur un
fait capital : le projet américain a rallié 11 voix favorables au sein du
Conseil de sécurité, dont trois membres permanents (États-Unis, France,
Royaume-Uni). En y ajoutant le soutien clair de l’Allemagne et d’une écrasante
majorité d’États membres à l’autonomie sous souveraineté marocaine, le décalage
entre les résolutions de gestion et la réalité géopolitique devenait insoutenable.
Plutôt que de chercher à proroger artificiellement un statu quo stérile, le
Maroc a saisi cette séquence pour tourner définitivement la page d'une gestion
figée.
Cap sur la 4ème Commission de l'Assemblée générale
Désormais, Rabat engage la vitesse supérieure. Nasser
Bourita a révélé le champ de la prochaine bataille : obtenir le retrait de la
question du Sahara marocain de la Quatrième Commission de l'Assemblée générale
des Nations unies, traditionnellement dédiée aux questions dites de décolonisation.
Contrairement au Conseil de sécurité, l'Assemblée
générale ne comporte aucun droit de veto. La bataille repose sur la force du
nombre, la concertation et la légitimité du soutien international. Avec plus
des deux tiers des capitales mondiales appuyant explicitement le plan
d'autonomie marocain, le terrain est mûr pour aligner les structures
administratives de l'ONU sur la réalité souveraine du terrain et démanteler,
pièce par pièce, l'instrumentalisation d'un différend artificiel.
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