Gouvernance territoriale : SM le Roi sonne la fin de l’attentisme administratif et place le terrain au cœur de la relance socio-économique
Ati Mag
Rabat — « L’enjeu réel de la prochaine étape est l’action territoriale qui devra être menée sur le terrain pour identifier les vrais problèmes de chaque région et pour leur trouver des solutions réalistes. » C’est en ces termes résolus que Sa Majesté le Roi Mohammed VI a défini la boussole des priorités nationales, vendredi, lors de l'ouverture de la première session de la première année législative de la 12ᵉ Législature. Dans une allocution empreinte de pragmatisme et de fermeté, le Souverain a réclamé une rupture radicale avec les lenteurs de l’appareil bureaucratique afin de reconnecter l'action publique au vécu des citoyens.
Le triptyque développement-service public-investissement conditionné par les régions
Pour le Souverain, la promesse d'une croissance partagée ne peut plus se concevoir depuis les bureaux de la capitale. SM le Roi a souligné avec netteté que trois piliers fondamentaux de l’émergence marocaine — la promotion d’un développement intégré, l’amélioration tangible des services publics et la stimulation de l’investissement productif — sont tributaires de la concrétisation de la régionalisation avancée et de la déconcentration administrative.
Dressant un constat lucide, Sa Majesté a pointé du doigt les goulets d’étranglement persistants : les retards et les dysfonctionnements observés sur le terrain pénalisent lourdement les programmes socio-économiques et empêchent l'État de répondre avec célérité aux préoccupations quotidiennes de la population.
Déconcentration : « Aucun retard ni atermoiement n’est plus tolérable »
Le discours a pris les allures d'une mise en demeure adressée aux gestionnaires de la chose publique quant à l'application effective de la Charte de la Déconcentration administrative :
Transfert réel des leviers décisionnels : le Souverain a affirmé avec vigueur qu’aucun délai supplémentaire ne sera accordé pour opérer le transfert effectif des compétences du centre vers les provinces et les régions.
Réaffectation budgétaire et humaine : ce transfert ne saurait être une simple formalité juridique ; il doit s'accompagner des dotations financières et des compétences humaines indispensables pour permettre aux territoires d'agir en autonomie.
Levée des freins institutionnels : SM le Roi a appelé à dissiper le flou entourant encore les prérogatives régionales en clarifiant leurs attributions et en musclant substantiellement leurs ressources matérielles.
Vers une contractualisation contraignante entre l’État et les territoires
Pour clore l’ère des compétences superposées et de l'inaction partagée, le Souverain a tracé la voie d'une gouvernance partenariale rénovée. Il devient désormais impératif d'instaurer de nouveaux mécanismes contractuels et de coordination entre l’administration centrale et les collectivités territoriales.
L’objectif affiché par le Roi Mohammed VI est clair : conférer enfin aux instances régionales la pleine légitimité et les moyens concrets de décider, d’arbitrer et de piloter l'exécution des chantiers d'investissement au plus près des besoins du terrain.

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