Espagne : Neuf mois après le drame
d’Adamuz, l’onde de choc d’une nouvelle tragédie ferroviaire
Ati Mag
À peine le pays commençait-il à
cicatriser de la catastrophe d'Adamuz qu'un nouveau drame ferroviaire vient
replonger l'Espagne dans le deuil et la stupeur. Ce mercredi 28 octobre au
matin, la collision violente entre deux trains de voyageurs à grande vitesse
près d'Urda, à 150 km au sud de Madrid, a coûté la vie à au moins 30 personnes,
réveillant un traumatisme encore à vif.
L’accident s'est
produit sur l’axe névralgique reliant la capitale espagnole à l'Andalousie.
Selon les données communiquées par les autorités régionales de Castille-La
Manche, le choc a impliqué une rame de la compagnie nationale publique Renfe,
avec près de 400 usagers à bord, et un convoi de l'opérateur privé Iryo
transportant 147 passagers. Sur place, le spectacle de désolation sur un talus
escarpé et les témoignages de survivants décrivant des wagons broyés et des
cris de détresse témoignent de l'extrême violence de la collision.
Le spectre d'un réseau sous haute tension
Cette tragédie
résonne avec une amertume particulière dans l'opinion publique espagnole : elle
survient tout juste neuf mois après l'accident d'Adamuz, survenu le 18 janvier
dernier dans la province de Cordoue. Ce jour-là, la collision entre un train
Iryo et un Alvia de la Renfe avait fait 46 morts et plus d'une centaine de
blessés, devenant l'une des pires catastrophes ferroviaires de l'histoire
moderne de la péninsule.
À l'époque,
l'enquête avait pointé une rupture de rail au niveau d'une soudure, ouvrant une
crise profonde sur l'état d'entretien des infrastructures et les protocoles de
sécurité face à l'ouverture à la concurrence et à la densification du trafic.
Une crise de confiance immédiate
Le chef du
gouvernement, Pedro Sánchez, s'est dit « consterné » par cette nouvelle
épreuve, alors que les secours continuent de s'affairer autour des carcasses
métalliques pour rechercher d'éventuels survivants et stabiliser les blessés
les plus graves.
Mais au-delà du
temps du deuil et de l'urgence médicale, la répétition d'un tel scénario en moins
d'une année — impliquant à nouveau les deux mêmes opérateurs ferroviaires sur
les liaisons vers le Sud — soulève d'ores et déjà une tempête politique et
technique. Les autorités de régulation et le ministère des Transports font face
à une exigence absolue de transparence pour expliquer comment deux convois ont
pu entrer en collision sur l'un des réseaux réputés les plus modernes d'Europe.

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