Diplomatie à l’ONU vs théâtre d’Oran :
quand la panique algérienne vire au ridicule
Bouchra CHAKIR/ Ati Mag
À New York,
la diplomatie marocaine trace l’avenir de la région avec rigueur ; à Alger, le
régime fabrique des feuilletons d’espionnage cousus de fil blanc. Entre billets
imaginaires de 300 dirhams, faux passeports grossiers et photos de paisibles
retraités marocains détournées, la machine à diversion tourne à plein régime.
Le calendrier onusien ne pardonne pas. Alors que la 4ᵉ
Commission de l’Assemblée générale de l’ONU tient ses travaux à New York et que
le Conseil de sécurité prépare le renouvellement du mandat de la MINURSO avant
l’échéance du 31 octobre, Rabat accélère. Devant les instances internationales,
l’ambassadeur Omar Hilale a réitéré les fondements de la position marocaine :
la centralité incontournable de la résolution 2797, la caducité définitive de
l’option référendaire et la solidité de l’initiative d’autonomie sous
souveraineté marocaine comme seule issue politique réaliste. À cela s’ajoute le
poids géopolitique croissant du Royaume en Afrique, symbolisé par son alliance
stratégique avec les pays du Sahel et les vastes projets d’infrastructures
énergétiques et d’accès à l’Atlantique.
Face à ces revers diplomatiques successifs et à
l’approche du 31 octobre — date charnière où s'exprime un soutien international
accru à la marocanité du Sahara —, le régime algérien a choisi de répondre par
ce qu'il maîtrise le mieux : la diversion et la fable sécuritaire.
Un scénario d'espionnage digne d'une comédie
L'appareil de propagande d'Alger a ainsi sorti des
tiroirs une prétendue « tentative de déstabilisation » déjouée à Oran. Selon ce
récit rocambolesque, un commando aurait pris l’avion pour la Tunisie avant
d’avaler 1 300 kilomètres par voie terrestre pour semer le trouble dans la
métropole de l'ouest algérien, sous les ordres d'un mystérieux cerveau
militaire marocain.
Mais pour une opération clandestine supposée secrète,
les « preuves » présentées relèvent du gag amateur :
·
Un grand-père retraité érigé en « cerveau » du complot :
Pour donner un visage au prétendu commanditaire de l'opération, la propagande
algérienne a purement et simplement volé la photo d'un ancien soldat des Forces
Armées Royales (FAR), ayant servi loyalement de 1980 à 2003 et menant depuis
une retraite paisible au Maroc. Sidéré de voir son visage placardé par les
médias voisins comme un dangereux conspirateur, ce grand-père et père de
famille est immédiatement monté au créneau dans une vidéo publique. Dénonçant
une atteinte odieuse à son honneur devant ses enfants et petits-enfants,
l'ancien militaire a annoncé son intention de saisir la justice internationale
pour faire condamner cette calomnie grossière.
·
La coupure magique de 300 DH : Les enquêteurs ont
affirmé avoir saisi des coupures marocaines de… 300 dirhams. Une valeur
monétaire inédite que ni Bank Al-Maghrib ni les 37 millions de Marocains n’ont
jamais vue en circulation, le plus gros billet du Royaume plafonnant à 200 DH.
·
La « République » marocaine : Les passeports exhibés
arboraient la mention insolite de « République marocaine », fabriqués à la
va-vite par des faussaires ignorant tout de la nomenclature officielle du
Royaume du Maroc. Le comble de l'amateurisme : des carnets s’ouvrant de gauche
à droite, à l’inverse absolu des passeports marocains authentiques.
·
L’« espion » démasqué en 48 heures : Pièce maîtresse
de la supercherie, un prétendu agent infiltré forcé de passer aux aveux hésite
à l'écran entre Settat et Casablanca, le tout prononcé avec un accent algérien
local pur jus, à mille lieues de la darija de la Chaouia. Le pot aux roses n'a pas tenu
deux jours : les internautes l'ont formellement identifié comme étant Djaouad
Dekkiche, un citoyen algérien originaire d’Oran.
Deux dynamiques, deux mondes
Pendant qu’Alger s’enferme dans une paranoïa d'État
pour fabriquer des ennemis imaginaires et détourner le regard de ses impasses
internes, le Maroc poursuit sa marche méthodique vers l'avenir. De l’industrie
automobile à l'aéronautique, en passant par les énergies renouvelables et les
préparatifs d'événements sportifs planétaires, le Royaume consacre son énergie
au développement et au rayonnement continental.
À l'ONU, l'argumentaire se construit sur le droit
international, les résolutions contraignantes du Conseil de sécurité et des
partenariats continentaux solides. À Alger, la réponse diplomatique se résume à
une série B à très petit budget, où l'on invente des devises, falsifie des
passeports à l'envers et tente de faire passer des retraités paisibles pour des
figures de l'ombre.

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