MEAM 2026: Quand la montée en compétences et la formation technique conditionnent la réussite du virage électrique
Ati Mag
À l’Office des Foires et Expositions de Casablanca (OFEC), la double tenue du Salon International de la Mobilité Électrique et de l’After Market (MEAM) et de l’Automotive Show Auto-Moto 2026 ne s'est pas limitée aux annonces d'usines d'assemblage ou aux lancements de véhicules propres. Sous l'égide du Ministère de l’Industrie et du Commerce et du Ministère de la Transition énergétique et du Développement durable, l’événement a placé un pilier souvent négligé au centre des débats : le capital humain et la reconversion des métiers de l'après-vente.
Si le Maroc s'impose comme un champion de la production automobile et prépare l'arrivée massive de plus de 18 000 véhicules à énergie nouvelle (NEV) sur ses routes, une question opérationnelle s'impose : qui entretiendra, diagnostiquera et réparera ces moteurs de nouvelle génération ? Pour y répondre, le MEAM a fait de la formation continue le fil conducteur de ses trois journées.
La « Garage Academy » : L'atelier pédagogique au cœur du salon
Tout au long du salon, l'espace interactif Garage Academy et les ateliers techniques ont accueilli des centaines de professionnels, artisans garagistes indépendants, étudiants et chefs d'atelier. Loin des simples cours théoriques, ces sessions immersives ont mis l'accent sur les ruptures technologiques directes :
La manipulation sécurisée des composants haute tension (normes d'habilitation électrique) ;
Les protocoles de diagnostic électronique embarqué pour les motorisations hybrides et 100 % électriques ;
La gestion thermique, le cycle de vie et la sécurité des packs batteries au lithium.
L'objectif affiché par les organisateurs et les partenaires de l'aftermarket est clair : éviter une fracture technique entre les concessions des grands constructeurs et le réseau des ateliers de proximité qui maillent l'ensemble du territoire national.
L'expertise de l'OFPPT en première ligne : Le regard de Najib El Kaoussi
Pour animer ces sessions et faire le pont entre le cursus académique et les exigences du terrain, l’implication des formateurs institutionnels s'est avérée déterminante. Parmi eux, Najib El Kaoussi, formateur et enseignant en maintenance automobile et diagnostic des véhicules au sein du réseau de l'Office de la Formation Professionnelle et de la Promotion du Travail (OFPPT), a apporté son éclairage d'homme de terrain.
Présent pour encadrer et orienter les praticiens lors des démonstrations pratiques, M. El Kaoussi incarne ce maillon indispensable de la transmission pédagogique. Son retour d'expérience met en avant la soif d'apprentissage des jeunes lauréats et des professionnels déjà établis, confrontés à la mutation brutale de leur corps de métier :
« La maintenance automobile vit une mutation profonde. Aujourd'hui, un technicien ne se contente plus de la mécanique pure : il doit impérativement maîtriser l'architecture multiplexée, la mécatronique et la sécurité liée aux circuits haute tension. Des rendez-vous comme le MEAM permettent de démystifier ces technologies, d'amener les outils de diagnostic dernier cri directement aux praticiens et de préparer le terrain pour les futures cohortes de l'OFPPT. »
Accompagner la souveraineté par les compétences
En combinant le savoir-faire des formateurs de l'OFPPT, les bancs d'essai des équipementiers internationaux et la volonté des professionnels de moderniser leurs ateliers, le MEAM 2026 prouve que la souveraineté industrielle ne se décrète pas seulement dans les gigafactories. Elle se construit également, au quotidien, dans la qualification des techniciens et des mécaniciens marocains, prêts à relever le défi de la mobilité de demain.

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